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Hémorroïdes et grossesse : pourquoi 1 femme sur 3 développe des symptômes après l'accouchement

À 1 mois post-partum, 36,2 % des femmes présentent des hémorroïdes symptomatiques. C'est plus de trois fois la prévalence observée au premier trimestre — et c'est rarement abordé en consultation prénatale.

Une femme sur trois pendant la grossesse, plus encore après l'accouchement

Une méta-analyse mondiale publiée en 2025, portant sur près de 9 millions d'individus et 150 études, place la prévalence des hémorroïdes chez les femmes enceintes à 31,01 %, contre 25,92 % en population générale. Les femmes enceintes constituent l'un des groupes à plus haut risque, juste devant les patients souffrant de troubles digestifs chroniques.

Une étude prospective de cohorte affine cette photo trimestre par trimestre. La prévalence des symptômes hémorroïdaires passe de 11 % au premier trimestre à 23 % au troisième, puis culmine à 36,2 % un mois après l'accouchement. Trois mois plus tard, elle redescend à 16,9 %. Le passage à travers le canal pelvien et la poussée à l'accouchement expliquent ce pic post-partum.

Toutes formes confondues — hémorroïdes et fissures anales — une étude prospective sur 280 femmes retrouve une pathologie péri-anale chez 44 % des femmes au cours de la grossesse ou du post-partum, dont 61 % au troisième trimestre et 34 % juste après l'accouchement.

Pourquoi la grossesse multiplie le risque

La progestérone ralentit le transit et relâche les veines

La progestérone est multipliée par six à douze pendant la grossesse — elle passe d'environ 25 ng/mL en phase lutéale (la seconde moitié du cycle menstruel) à 150 à 300 ng/mL en fin de grossesse. Cette montée massive agit sur deux fronts. Elle ralentit la motilité intestinale (les contractions qui font avancer le contenu dans l'intestin), ce qui favorise la constipation. Elle relâche aussi les parois des veines, qui deviennent plus distensibles et plus sujettes à la stagnation sanguine. Les coussinets vasculaires de la zone anale sont parmi les premiers à en subir les effets.

L'utérus comprime les veines pelviennes

Au fur et à mesure que l'utérus grossit, il appuie sur la veine cave inférieure (la grande veine qui ramène le sang du bas du corps vers le cœur) et les veines pelviennes. Le retour veineux depuis la zone ano-rectale est gêné, le sang stagne, les coussinets hémorroïdaires se dilatent. Ce mécanisme s'intensifie au troisième trimestre, ce qui explique le doublement de la prévalence entre T1 et T3.

Le volume sanguin augmente de 25 à 40 %

Pendant la grossesse, le volume sanguin circulant augmente de 25 à 40 %. Cette hausse alimente le placenta et prépare l'organisme à la perte sanguine de l'accouchement. Elle entraîne aussi un engorgement des vaisseaux périphériques, y compris ceux du rectum.

La poussée pendant l'accouchement

Le passage de l'enfant déclenche une augmentation brutale et prolongée de la pression intra-abdominale. C'est ce qui fait basculer une grossesse sans symptômes vers une crise post-partum sévère. Une thrombose hémorroïdaire externe — un caillot sanguin sous la peau de la zone anale, douloureux et visible — survient chez environ 20 % des femmes immédiatement après l'accouchement, contre 8 % au troisième trimestre, et 91 % de ces thromboses apparaissent dans les 24 premières heures.

Les facteurs qui aggravent encore le risque

Plusieurs caractéristiques individuelles augmentent significativement le risque :

  • Antécédents d'hémorroïdes avant la grossesse — facteur de risque le plus fort, retrouvé dans toutes les études prospectives.
  • Constipation chronique, déjà présente avant la grossesse ou aggravée par les hormones et la supplémentation en fer.
  • Poids du nouveau-né supérieur à 3 800 g — la sollicitation mécanique du périnée (la zone musculaire entre l'anus et le vagin) est plus importante.
  • IMC élevé avant la grossesse.
  • Antécédent d'accouchement par voie basse avec hémorroïdes lors d'une grossesse précédente.

La présence simultanée de plusieurs de ces facteurs déplace la probabilité d'une crise post-partum vers la quasi-certitude.

Ce qui aide pendant la grossesse et l'allaitement

Lutter contre la constipation en premier

La constipation est le levier modifiable le plus puissant. Les recommandations 2024 de la Société Nationale Française de Colo-Proctologie (SNFCP) placent l'augmentation des fibres alimentaires et de l'hydratation en première ligne, avant tout traitement topique.

L'apport recommandé est de 25 à 30 grammes de fibres par jour, à atteindre progressivement pour limiter les ballonnements. Les sources les plus efficaces sont les légumineuses (lentilles, pois chiches), les fruits à pépins, les céréales complètes et les pruneaux. La supplémentation en fer prescrite pendant la grossesse aggrave fréquemment la constipation : un avis médical permet d'ajuster la forme du médicament ou la posologie.

L'activité physique modérée — marche, natation, yoga prénatal — facilite le transit et améliore le retour veineux.

Les traitements topiques autorisés

Les crèmes et baumes appliqués localement sont la voie privilégiée pendant la grossesse et l'allaitement, car ils ne passent pratiquement pas dans le sang. Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT) — l'organisme français de référence sur les médicaments à risque pour le fœtus — recommande les soins topiques sans anesthésique local ni corticoïde, comme les crèmes à base de carraghénates (extraits d'algues rouges aux propriétés apaisantes), oxyde de zinc ou oxyde de titane, à tout terme de la grossesse et pendant l'allaitement.

Les flavonoïdes oraux (diosmine, rutoside, hespéridine) — des composés végétaux qui renforcent les parois des veines — sont également autorisés. Ils diminuent la dilatation veineuse et le saignement, mais leur efficacité ne dépasse pas la prise du traitement.

Ce qui est interdit ou à éviter

  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, naproxène, kétoprofène) : interdits au troisième trimestre, à éviter sur l'ensemble de la grossesse en l'absence d'avis médical.
  • Anesthésiques locaux (lidocaïne, pramocaïne) en application prolongée : leur passage dans le sang reste mal documenté chez la femme enceinte.
  • Corticoïdes topiques sur plusieurs semaines : à éviter, car ils fragilisent la peau périanale et peuvent retarder la cicatrisation des fissures associées.

Le paracétamol pour la douleur

Le paracétamol reste l'antalgique de référence pendant la grossesse et l'allaitement, à la posologie habituelle. Il agit sur la composante douloureuse sans interférer avec la grossesse. Pour une thrombose hémorroïdaire externe très douloureuse, une consultation rapide permet d'évaluer une excision sous anesthésie locale, geste réalisable en cabinet.

Quand consulter

Une consultation rapide s'impose en cas de :

  • saignement abondant, prolongé ou répété,
  • douleur intense résistant au paracétamol,
  • masse externe brutalement apparue, dure et bleutée — évocatrice de thrombose,
  • fissure anale avec saignement à chaque selle,
  • symptômes qui persistent au-delà de 6 à 8 semaines post-partum.

La majorité des situations se résolvent avec une prise en charge simple — fibres, hydratation, soins topiques adaptés — à condition de ne pas attendre que les symptômes s'installent. La consultation post-natale couverte par l'Assurance Maladie permet d'aborder ces troubles avec la sage-femme ou le médecin référent.


Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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